Les forêts privées, une mine d’or vert

Par Sylvie Bélanger/Collaboration spéciale. Source : L'Information du Nord Mont-Tremblant
 
Les propriétaires de forêts privées n'ont pas peur de se mouiller pour bien exploiter leur ressource. C’est avec leurs bottes de pluies et leurs imperméables qu'une vingtaine de propriétaires forestiers ont bravé le mauvais temps le dimanche 29 octobre.
 
Tout ce beau monde s’était rassemblé pour découvrir les avantages à exploiter les forêts privées.
© Information du Nord – Sylvie Bélanger
 
Dès 8h sur le chemin Paquette à Mont-Tremblant, tous étaient présents pour une visite forestière organisée par l’Alliance des propriétaires forestiers des Laurentides et de l’Outaouais, un organisme à but non lucratif qui représente les producteurs forestiers dans 125 municipalités et 11 municipalités régionales de comté (MRC). Celle-ci a eu lieu sur plusieurs kilomètres, ente Mont-Tremblant et Saint-Faustin-Lac-Carré.
 
Paul Courte, conseiller forestier qui dit parler aux arbres, a guidé et animé avec passion cette visite en compagnie de Pierre Farley, technicien en aménagement forestier. Était aussi présente à l'événement, Mylène Gagnon, coordonnatrice à la Table Forêt Laurentides, qui a pour mission de faire connaître le secteur forestier et les métiers qui s’y exercent.
 

Une richesse inexploitée

86% du territoire Laurentien est constitué de forêt. De ce pourcentage, 75% est publique et 25% privée. Le but de la rencontre était d’informer les propriétaires de lots boisés sur l’exploitation de la forêt privée. On identifie les étapes à suivre pour tirer profit des avantages fiscaux et financiers reliés à l'aménagement et à la récolte de la forêt privée, tout en préservant de saines pratiques d'intervention. L'accent est mis sur cette richesse collective écologique et renouvelable.
 
Beaucoup d'information et de conseils sont donnés aux participants, comme le Guide Terrain qui explique en détails des mesures pour atténuer les impacts environnementaux lors des interventions en forêt. On en apprend aussi sur la gestion d'un boisé, en débutant par déterminer ses objectifs. Que ce soit pour l’aménagement forestier, la protection de la biodiversité, l’aménagement d’habitats fauniques et la chasse, l’aménagement d’une érablière, ou la sylviculture, tout est abordé et bien documenté.
 

Trois étapes faciles

Pour ceux qui possèdent une forêt et qui aimeraient l’entretenir, les étapes suggérées sont les suivantes.
 
  1. Consulter un professionnel comme un ingénieur forestier pour une assistance technique. Son rôle est d'évaluer l’état du boisé et de proposer des interventions favorisant un aménagement durable de la forêt.
  2. Planifier la mise en valeur du boisé avec un plan d’aménagement forestier. Cette planification à long terme permet de connaître le potentiel forestier de la propriété et de prévoir les actions à entreprendre sur un horizon de 10 ans.
  3. Obtenir le statut de producteur forestier reconnu par le gouvernement du Québec qui donne accès aux programmes fiscaux et à l’aide financière pour réaliser les travaux forestiers.
 
En aménageant sa forêt de manière responsable et en prélevant les arbres matures et les arbres atteints de maladie, il est possible d’en améliorer la santé et la valeur. En créant de l’espace et de la lumière aux jeunes arbres plus vigoureux, on rajeunit la forêt et on augmente son impact bénéfique sur l’environnement. « La forêt, c'est comme un ado; plus elle est jeune, plus elle a besoin de carbone », conclut Mylène Gagnon.
 
C’est dans les Laurentides que se trouve la plus grande forêt mixte (résineux et feuillus) au Canada. Cette ressource rapporte 740 M$ de revenus annuellement et emploie 3500 personnes dans 237 entreprises de la région. La récolte annuelle possible est de de 1,5 Million de m3.